Entre le XlVe et le XVIIIe siècle, l'édification d'innombrables églises et chapelles rurales exprime la prospérité de la Bretagne, la fierté de la communauté paysanne et le triomphe de la foi catholique. 
La ferveur du peuple breton s'est aussi exprimée à travers une floraison de croix et calvaires qui, dispersée à travers la campagne, suscite toujours l'émotion.
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Plusieurs chapelles, construites au bout d'un chemin creux, parfois à l’écart de toute habitation, mais très souvent associées à une fontaine sacrée, témoignent de la christianisation d'un ancien culte des sources.
Aujourd'hui, comme hier, les chapelles tiennent une grande place dans la vie des Bretons, comme le montrent les innombrables associations de sauvegarde.
On dénombre sur la commune l'église Saint-Gorgon ainsi que deux chapelles dont les pardons continuent à être fêtés et un calvaire.

 L'église de Moustoir-Remungol

 
 
En forme de croix latine, l'église de Moustoir se compose d'éléments disparates et d'âges divers. La partie la plus ancienne semble être le croisillon méridional calé par des contreforts obliques à double retraite percé dans le pignon d'une fenêtre en arc brisé à ébrasement concave et remplage en fleur de lys. Il doit remonter au 16 ème siècle, en dépit de ses rampants lisses. L'aile nord présente moins de garanties, bien qu'elle soit éclairée par une fenêtre également en arc brisé avec une garniture moderne copié sur celle du midi.
Le corps de l'église a du être reconstruit au 18ème siècle : Une pierre sculptée de feuillage fournit la date de 1749 ; Les fenêtres, aussi bien celles du choeur que celle de la nef, s'ouvrent en plein cintre avec un ébrasement extérieur. Mais la porte du midi, en anse de panier très aplatie, pourrait être plus ancienne : deux socles l'encadrent à hauteur d'imposte et, plus bas, du côté droit, un grand bénitier polygonal en granit s'encastre dans le mur en moellons de schiste. Au croisillon méridional, du côté ouest, s'adosse un appentis qui bénéficie d'une porte en plein cintre moulurée d'un cavet : on y a logé le chauffage central. Sur la longère du nord se dresse la chapelle baptismale éclairée de deux fenêtres en plein cintre. De ce même côté, la porte à linteau droit qui donne sur la nef est visiblement récente et elle est flanquée de deux bénitiers extérieurs.
La sacristie, en bel appareil de granit, aurait été construite vers 1834. Elle prolonge le choeur et se termine en forme d'abside à trois pans. Dans sa maçonnerie, on a introduit des pierres sculptées qui proviendraient de la chapelle disparue de talhouet : au sud-est, un buste de la vierge couronnée ; à l'est, en buste également, un personnage à coiffure de la Renaissance ou la tradition prétend reconnaître le sieur de Kerveno en Plumeliau ; Au nord est enfin, un bas-relief représentant quatre personnages dont un évêque. Les ouvertures sont rectangulaires, et, au sommet des croupes de la toiture d'ardoise, s'élève un clocheton de charpente amorti en dôme.
Sous le rectorat de M. Guillemet (1826-1864), d'importantes réparations furent entreprises sur l'église. Vers 1880, on envisageait de la rebâtir. A M. Yzopt, conseiller à la cour d'appel de Rennes et propriétaire de Coëterdeven, qui proposait de restaurer à ses frais la chapelle Saint-Louis, le recteur répondit qu'il serait préférable de constituer des ressources pour édifier une église neuve.
En 1914, l'architecte Démeret de Pontivy soumit au conseil municipal un devis de 6.000 francs en vue de grosses réparations. La guerre étant intervenue, il ne sera repris qu'en 1919 et porté à 17.500 francs. En réalité, il semble qu'il s'agissait rien de moins que de construire un clocher. En effet, 1920, ce projet vint se greffer sur les réparations en cours. Le devis s'élevait maintenant à 50.000 francs ; Les travaux seraient réalisés sous le contrôle de la commission municipale ; Les paroissiens fourniraient les matériaux et assureraient le charroi. Grâce aux bons offices du Sénateur Brard, la commune obtint du Conseil Général une subvention de 10.000francs.
Quand il fut question de construire une flèche en pierre et non plus en charpente, l'entrepreneur se déroba. On avait déjà dépensé 43.000 francs et son successeur en 1923, exigeait 26.000 francs. De nouveau sollicitée, la Commission départementale accorda 6.000 francs, mais estimait-elle, " la construction ou la reconstruction des clochers peut passer, en l'état actuel des prix et en considération de la situation financière, pour une dépense de luxe" et elle annonçait au préfet qu'à l'avenir, elle "se montrerait généreuse pour les travaux concernant les édifices mais en distinguerait ceux qui concerne les clochers".
Construit hors oeuvre, au bout de la nef, le nouveau clocher, tout en appareil de granit, est d'inspiration gothique. Deux contreforts obliques épaulent jusqu'au deux tiers de sa hauteur la face antérieure de la tour carrée. Le portail, en arc brisé, s'orne de colonnes d'angles et il est surmonté d'un larmier aux extrémités relevées à l'horizontale. Trois fenêtres de même formes éclairent le premier étage, tandis que la chambre des cloches s'ouvre dans les quatre directions cardinales par des baies jumelles. Une corniche à balustrade couronne la tour, cantonnée de pinacles pyramidaux et interrompue, à l'ouest et à l'est, par le fronton de l'horloge. La flèche polygonale, chargée de petites lucarnes d'aération, porte à son sommet la croix et le coq.
Dans la nouvelle  chambre des cloches, on remonta la sonnerie fournie, par Cornillé-Havard de Villedieu-les-Poêles et bénite le 1er Juillet. Elle se compose de trois cloches de 360, 250 et 180 kilos. Pour les fondre, on avait utilisé le bronze des anciennes. La plus grosse portait les traces de la révolution dans son inscription mutilée : Faite pour l'église de Saint-Gorgon du Moustoir par les soins des seigneurs et bénie dans l'église du Mené à Vannes, par messire Pierre (...) et (....) vicaire général du diocèse (gravures et croix effacées) 1769. Guillaume - fondeur. Sur la petite, on lisait : "Monsieur mon parrain est Yves Robic ; ma marraine est Jacquette Jegoux. Jérome Guillo, recteur, Moustoir-Remungol. Chatel, fild, fondeur.
Quand on entre dans l'église, ce qui frappe d'abord au sommet, c'est le décor de stuc peint de compartiments en faux marbre qui revêt les murs. Au bas de la voûte au lambris peint en bleu, règne une corniche à denticules et modillons. Sa construction a entraîné la disparition de l'ancienne sablière et des entrais à têtes de crocodiles signalés au 19 ème siècle par Rosenzweig. La transformation serait intervenue du temps du recteur Guillemet (1862-64) qui fit aussi construire une tribune au bas de la nef.
                                                                                        
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Le retable majeur
Mais bien vite le regard se porte vers les 3 retables qui brillent de tous leurs ors et de leur polychromie. Celui du choeur occupe toute la surface du mur du chevet. L'autel en forme de tombeau galbé, orné de l'agneau mystique au milieu et d'angelots aux angles, supporte un retable-tabernacle tout doré, comme on les faisait au 17 ème siècle. Le haut tabernacle à 2 étages est solidaire, dans sa  partie inférieur, des deux gradins sculptés de rinceaux qui s'étendent sur toute la largeur de l'autel. Au dessus, il s'inscrit, avec la légère avancée de ses 3 pans, entre les ailes formées chacune de la juxtaposition de 2 petites niches. La porte est ornée de l'image de Jésus adolescent et, dominant le fronton syncopé, le Christ vainqueur de la mort se dresse au sommet d' un petit dôme. Les niches latérales, habit"es par des statuettes, alternent avec des colonnes torsadées. Un entablement à multiples ressauts relie ces divers éléments ; il est lui même surmonté, au dessus des niches extrêmes, de deux frontons syncopés avec des guirlandes de fleurs. De part et d'autre de l'autel, sur les portes de la sacristie, figurent en pied les image de Saint Pierre et de Saint Paul.
Tout cet ensemble travaillé dans le bois constitue en quelque sorte le registre inférieur du grand retable. Celui-ci se déploie en 3 volets. Au centre, un grand tableau à la largeur de l'autel, cintré dans sa partie supérieure, représente la Descente du Saint-Esprit sur les Apôtres. De la lumière céleste ou plane l colombe s'échappent des langues de feu vers la vierge et les apôtres réunis en un groupe savamment distribué. Sur les côtés, entre les 2 colonnes corinthiennes, des niches encadrées de chutes de fleurs contiennent les statues 'un saint pape coiffé de la tiare et armé de la croix à triple croisillon, sans doute saint Cornély, et d'un saint ermite tenant une clochette, qui doit être saint Antoine. Au dessus et au dessous des niches, au départ des chutes de fleurs, des angelots déploient leurs ailes. Interrompu par les ressauts au droit des colonnes, l'entablement se poursuit autour de la courbe dutableau. Sur les côtés, il est surmonté d'une balustrade et d'un fronton rompu au profit d'une guirlande et d'un ange debout sonnant de la trompette. Au sommet du corps central, une troisième niche, entourée de colonnettes et d'ailerons, accueille sous son fronton curviligne une petite statue de st Gorgon botté et casqué en guerrier de théâtre. De part et d'autre, on a peint une tenture d'hermine. Le retable de Moustoir-Remungol, constitue un bel échantillon des décors somptueux qu'affectionnait le le siècle de Louis 14.
A l'avant du choeur, l'autel de la célébration au tombeau modérément galbé, est peint en faux marbre et, aux bas des murs latéraux, s'aligne une rangée de stalles.
 
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Les Chapelles du transept
Dans les chapelles du transept, autel et retable sont aussi en bois. Au nord, l'autel rectangulaire présente sur sa face antérieure, dans un cadre mouluré, un médaillon peint du buste de Ste Catherine. On la revoit dans le tableau du retable où l'enfant Jésus, assis sur les genoux de sa mère passe un anneau au doigt de la sainte. Ce thème du mariage mystique lui est commun avec Ste Catherine de Sienne parce qu'elle avait refusé d'épouser l'empereur païen Maximilien. Et ici, il s'agit bien de la martyre d'Alexandrie car elle porte couronne et s'accompagne de la roue dentée qui est son emblème. De chaque côté, deux colonnes corinthiennes encadrent une niche ou figurent, à  gauche, un St Antoine de Padoue en plâtre, et, à droite, une belle statue en bois de St Laurent, vêtu de la dalmatique des diacres, tenant à main droite le livre des évangiles, et, ce qui est plus rare, offrant à Dieu son coeur de la main gauche. Avancé au dessus des poches latérales à denticules et modillons, donne du mouvement à la composition. Il est surmonté de bout en bout par un grand fronton triangulaire avec, au milieu, une corbeille de fleurs et de fruits. Le tabernacle est étranger à cet autel. En bois teinté, à trois pans délimités par des colonettes, et surmonté d'une corniche de fuseaux, il est sculpté sur toutes ses faces : sur le devant, on reconnaît St Pierre à ses clefs. Au mur du nord est accroché un tableau du baptême du Christ.
L'autel du midi et son retable sont du même type que le précédent. Ils sont dédiés à N-D du Trés St Rosaire, mais, curieusement, l'antépendium est peint d'une image de St Laurent avec son gril entre deux grand rideaux fleuris. Peut-être provient-il de l'ancienne chapelle de St Laurent. La scène de la donation du Rosaire à St Dominique occupe le tableau central. Elle à été peinte en 1621, alors que le trésorier était P.DREAN. Dans les niches latérales, on voit d'un côté une Vierge couronnée qui porte son enfant sur le bras gauche, de l'autre une Ste Anne assise, en position frontale, avec la Vierge couronnée debout sur son genou droit. Ces 2 statues en bois un peu rustiques ne sont pas sans mérite. Sur les gradins de l'autel, on a placé 2 petites statues processionnelles, l'une de St Gorgon, brandissant son épée, l'autre de St Laurent avec le rabat noir sur le dalmatique rouge.
 
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Le mobilier de la nef
Face a l'autel s'adossent au mur 3 stalles. Elles sont surmontés d'un lambris divisé en 3 compartiments par des pilastres corinthiens formant 6 panneaux moulurés avec à leur sommet une corniche. L'ensemble constitue un beau travail de menuiserie.
On a conservé, dans la nef, la chaire du 18ème siècle. Un escalier recourbé conduit à la cuve circulaire dont le pourtour est fait de 5 panneaux séparés par des pilastres corinthiens et qui, au dessous d'un cordon de feuillage, s'amorti en un dôme renversé. Sur le dorsal, accosté d'ailerons feuillagés, on peint l'image du Bon Pasteur. Au dessus de l'abat-voix plane la colombe du St Esprit et sa bordure est faite d'un entablement à partir duquel s'élancent des branches en courbe et contre-courbe, dessinant une sorte de baldaquin.
Une grille de bois imitant le fer forgé, comme au Moustoir'ac, ferme le baptistaire. Posée sur un support, la fontaine hexagonale, en granit, comporte un évier tangent à l'un de ses côté et sculpté d'un motif. Face à la porte du nord, on a suspendu un grand crucifix. Au fond de la nef, une large tribune repose sur 4 colonnes de bois et elle est bordée d'une balustrade à long fuseaux. Dessous un confessionnal se pare d'un décor néo-gothique. Ce sont les fenêtres qui servent de niches  à une statue processionnelle de N-D du Rosaire. Dans la nef, les statues en plâtre de St Joseph et N-D de Lourdes.
Sous la voûte peinte en bleu, l'église de Moustoir-Remungol abrite de précieuses richesses que ne laisse pas soupçonner son aspect extérieur.
 
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Autour de l'église
Comme c'était la règle, l'église était entourée du cimetière, mais au Moustoir, il contenait en outre du côté nord une chapelle dédiée à St Laurent et la fontaine annexe se trouvait à proximité. Contrairement à l'église qui était du fief de Rohan, la chapelle relevait la seigneurie du Gué-de-l'Isle en Naizin, dont les plaids se tenaient alternativement sur son placître.
 
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L'ancienne chapelle de Saint-Laurent
En dépit de plusieurs restauration, dont une en 1717, elle conservait quelques éléments anciens. Dans le mur du chevet s'ouvrait une fenêtre en arc brisé garnie d'un remplage de fleurs de lys  qui retenait des fragments de vitraux se rapportant au martyre de St Laurent. A l'intérieur, sur le rebord de cette même fenêtre était posé un groupe de la Sainte Trinité en granit.
A la fin du 18 ème Siècle, la chapelle menaçait ruine et déjà la municipalité aurait souhaité la démolir pour améliorer la circulation dans le bourg. Comme elle servait encore aux offices de la Congrégation, la fabrique remonta l'angle nord-ouest vers 1885 et, de nouveau la restaura, ce qui lui valut une bénédiction, le 18 juin 1905.
Devenue peu après propriété communale, elle ne cessa plus de se dégrader. Gilles, qui la visita quelques années plus tard, constatait qu'elle ne tenait plus que par miracle. Aussi, en 1919, la municipalité demanda t-elle l'autorisation de la mettre à bas pour des raisons de sécurité publique. Après avoir vérifié qu'elle ne servait plus au culte, le préfet ordonna de la démolir dans les plus bref délais, ce qui fut exécuté dès l'année suivante. La municipalité laissait au recteur la disposition du mobilier dont plusieurs pièces ont trouvé refuge dans l'église.
 
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La fontaine et la croix
De la chapelle dépendait une fontaine avec lavoir située un peu plus à l'ouest, face au portail de l'église. Pour aménager un espace devant la tour, la municipalité, en 1921, décida sont déplacement mais le transfert ne s'opéra qu'en 1926.
La fontaine a donc été reconstruite un peu plus au sud. Elle est encadrée de 2 murets et on y descend par un escalier de 6 marches. En arrière s'élève un mur de maçonnerie bordé de 2 pilastres et sommé d'un pignon triangulaire. La petite niche reste vide mais de chaque côté du bassin, se dressent 2 statues de granit : celle de la trinité qui se trouvait dans la chapelle et dont il ne reste plus que le Père éternel tenant à 2 mains la croix de son Fils et l'autre le St Jacques en pèlerin.
Au sud de l'église se voit une croix de pierre qui a été sans doute déplacée. Son soubassement carré en bel appareil avec corniche moulurée porte le socle, le fût polygonal, et la croix sculptée en relief du corps du Christ et, latéralement sous les bras, des images de la Vierge et de St Jean. Sur le socle se détache, au milieu, un calice et, aux angles supérieurs, deux têtes, l'une d'un evêque, l'autre d'un prêtre coiffé de la barette. Une inscription nous éclaire sur ses origines : FAITE PAR/Mre LE ROY PTRE/ (titulaire) DU ST ESPRIT/DE TALHOUET et la date de 1767.
 
 

 

La fontaine

 

La fontaine Saint Lorans 1767

La statue de la trinité est désormais installée sous le porche du clocher.

 

La croix

La croix est située derrière l'église

 

 

 

 

 

La Chapelle Notre Dame des Fleurs

 

Les dévotions
A moins de deux kilomètres à l'ouest du bourg, la chapelle dédiée à Notre-Dame des Fleurs était fréquentée par les mamans qui venaient y invoquer Sainte Emerentienne pour les enfants souffrant de douleurs intestinales et y chercher les signes de leur prochaine guérison. Dans la crédence se trouvait un morceau d'ardoise sur lequel on asseyait le jeune malade : Si la moiteur du corps mouillait la pierre, tous les espoirs étaient permis. Dans le cas contraire on le tenait pour perdu. Ou bien encore, s'il n'était pas possible de le faire voyager on trempait sa chemise dans la fontaine proche en la laissant flotter sur l'eau et s'y enfoncer d'elle même. Quand le col disparaissait le premier c'était bon signe, mais quand c'était l'autre extrémité qui coulait il fallait tout craindre.
Fort heureusement ces dévotions populaires vestiges de traditions surperstitieuses n'étaient pas les seules. Le clergé venait chanter la messe dans la chapelle, le troisième dimanche de janvier, le lundi des Rogations et le jour de la St Marc. Le pardon se fêtait le lundi de la Pentecôte, mais comme il se trouvait en concurrence avec celui de Ste Brigitte à Naizin, en 1889 il fut fixé au cinquième dimanche après Pâques.
Au dire du recteur, il laissait parfois à désirer car on y dansait fort tard dans la nuit. En cette même année 1889, les sonneurs de St Thuriau qui conduisaient la procession étaient ivres. L'année suivante, ils sifflèrent la Marseillaise et battirent la République au grand plaisir du maire qui les avait recrutés. Aussi le recteur s'employa t-il à les remplacer par des sonneurs venus de Noyal-Pontivy.
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Une humble chapelle
De modeste apparence, la chapelle ne laisse pas soupçonner les trésors de statuaire qu'elle abrite. Rectangulaire, elle est construite en petit moellons de schiste et consolidée aux angles, par un gros appareil de granit. Sur le faîtage du toit s'élève un clocheton hexagonal couvert d'ardoise et amorti en pyramide. Les baies dénotent une certaine ancienneté. A l'ouest, la porte en plein centre s'orne d'une mouluration de gorges et de tores. Celle du midi, moulurée dans l'arc est creusée en cavet le long des piedroits. De ce même coté, la fenêtre au linteau en mître est garnie d'un remplage de lobes qui imite le gothique. En revanche, dans le chevet s'ouvre une belle fenêtre en arc brisé, à ébrasement concave qui s'épanouit en fleur-de lys . Elle peut remonter au16ème siècle.
A l'intérieur, les murs sont blanchis à la chaux et le sol est dallé de schiste. Si le lambris de la voute a disparu, les entraits engoulés et les têtes de blochets ont été conservés. Une ballustrade délimite le choeur surélévé d'un degré et elle comporte un authentique tronc en bois. L'autel appuie au mur du chevet sa table rectangulaire en schiste tandis que son soubassement se trouve masqué par un coffre de bois dont l'antependicum est peint d'une croix de Malte entre des bouquets de fleurs. Malheureusement, dans la fenêtre qui le domine, sont perdues à jamais les scènes de la naissance et de la mort de Jesus qu'ont connus aussi bien Rosenzweig, au milieu du siècle dernier, que Gilles au début de celui-ci. Le vitrail representait en outre trois blasons simples ou en alliance : "écartelés, au 1 et 4 d'azur à la tour d'argent portée sur une roue de même"  qui est Lesquelen, et "au 2 et 3 d'or au lion d'azur" qui est de Carman ou de Kermavan, sans qu'on sache à quel titre ces familles patronnaient la chapelle. A Droite de l'autel, une crédence se creuse en cintre brisé sur son pourtour.
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Une statuaire de qualité
A l'abri de niches très frustes, quatre statues sont disposées de part et d'autre de la fenêtre. A l'extrême gauche,  Notre-Dame des Fleurs qui pourrait dater du 15ème siècle. La Vierge se hanche légèrement pour monter très haut, assis sur son bras gauche, l'Enfant Jésus qui ouvre un livre. De la main droite, appuyée à son corps, elle tient un emblème mutilé. Le visage serein sous la couronne, elle est vêtue d'une robe et d'un manteau bleu savamment drapé. Puis vient saint Corentin en chape avec mître et crosse fleurie, le poison emblématique à ses pieds. Il benit de sa main droite d'une grandeur démeusurée. De l'autre côté, sainte Emerentienne, vêtue comme une religieuse soutient à deux mains ses entrailles qui sortent de son corps éventré par ses bourreaux. Saint Antoine, enveloppé d'un manteau à capuchon présente sans doute le livre de la Règle monastique.
Dans le choeur, un majestueux saint Yves, en soutane, long surplis, camail de chamoine et bonnet de docteur, tient à main gauche un parchemin. Vis à vis, saint Marc, reconnaissable au petit lion couché à ses pieds, drapé dans un manteau bleu, la tête encadrée de sa chevelure bouclée, supporte de la main son évangile.
A toucher la balustrade, la statue processionnelle de N-D des Fleurs est encore une vierge couronnée, au manteau bleu, avec son enfant tenant un livre ouvert. De la main droite, elle présente un bouquet de fleurs.
A proximité des portes, au midi, un bénitier polygonal affiche un écusson ; à  l'ouest, un autre est creusé dans un bloc de schiste, attestant l'omniprésence de ce matériau local.
Faute d'entretien, la chapelle était devenue dangereuse et l'on avait cessé d'y célébrer le pardon. Il a repris depuis que la toiture a été refaite, en 1929. La chapelle de Moric, avec toutes les richesses qu'elle contient, mérite beaucoup plus que d'autres d'être surveillée et protégée.
 

 

 

Art dans les chapelles.

Manifestation estivale permettant de présenter des oeuvres d'art contemporain dans les chapelles du pays de Pontivy. La chapelle Notre-Dame des Fleurs ouvre ses portes à cette exposition de juillet à la mi-septembre.

La fréquentation de cette été 2008 a été de

Juillet : 974 visiteurs

Août : 1283 visiteurs

Septembre : 913 visiteurs.

Les permanences ont été assurées par des bénévoles de la commune.   

 

 

 moric 07301

 

DAVID TREMLETT: chapelle Notre Dame des Fleurs 2008

 

David Tremlett est né en 1945 à Sticker St Austell, Cornouailles.

Il vit et travaille à Bovington, Hertshire.

Il suit les cours du trés sérieux Royal Collège of art; pour fuir cet étouffant milieu, l'artiste alternera rapidement études et voyages: le premier a lieu en Inde à l'age de dix neuf ans, auquel succéderont le Malawi, Zanzibar, Le Texas, l'Italie l'Australie, la Nouvelle Zélande, l'Alaska...

De ces périples Tremlett adopte des techniques, comme celle de recouvrir de pigments les façades des maisons africaines et australiennes, ou rapporte des pictogrammes tribaux qui lui serviront d'alphabet abstraits, de signes et de signaux, telle une géométrie hard edge adoucie par la richesse des gammes chromatiques.

Il réalise son premier Wells Drawing (dessin sur mur) en 1969, mais ce n'est qu'à partir du début des années 80 que l'artiste anglais considérera le pastel mais aussi les pigments purs comme ses médias privilégiés.

Dessinateur sur papier avant tout, la technique privilégiée sera celle d'un massage du mur avec des éponges mais surtout avec la paume des mains et le bout des doigts jusqu'à parvenir à une patine, une seconde peau; c'est en cela une poétique paradoxale puisque la fragilité du pastel s'oppose à la solidité du mur. Même s'il intervient désormais sur des sols, des niches, des drapeaux ou un escalier et sa cage à Nice, l'oeuvre concerne principalement la muralité.

Qu'il travaille sur les murs d'édifices pauvres ou prestigieux, privés ou publics, sacrés ou profanes, qu'il travaille de façon pérenne ou éphémère, Tremlett crée beaucoup plus dans l'environnement que sur l'environnement comme s'il recherchait une communication sans parole avec l'espace alentour.

Ses oeuvres sont présentes dans les collections privées et les musées les plus réputés, à Londres, Paris, Amsterdam, Rome et dans d'autres métropoles.

Il a été le lauréat, avec les maîtres verriers de l'atelier Simon Marcq à Reims, du Concours pour la création d'un ensemble de vingt et un vitraux de l'église du XIIIe siècle Saint Pierre et Saint Paul De Villenauxe-la-Grande dans l'Aube. L'inauguration du 24 octobre 2005 est l'aboutissement de trois années d'un travail remarquable, et du plus important chantier de création de vitraux en France depuis prés de vingt ans..

David Tremlett est l'invité d'honneur de la dix-septième édition de l'Art dans les chapelles. Aprés avoir visité quelques chapelles, il a choisi la chapelle de Notre Dame des Fleurs à Moric sur la commune Moustoir-Remungol. Celle-ci s'est imposée à lui par sa simplicité et sa position.

"Elle est attenante à une ferme, ce qui lui donne un aspect intime et modeste sans rajouts ni complication."

Il a réalisé dans la nef de la chapelle six dessins muraux, dessins qu'il considère comme "des sculptures à même le

mur". Ces six compositions exécutées au pastel se font face et se répondent dans une alternance. Serties de cernes noirs et enchâssées par deux bandes noires parallèles et crée une relation avec le choeur et son mobilier. Son dessin est "bi-dimensionnel mais les formes(...) se définissent dans l'espace. Elles le soulignent et le modifient".

Les formes épurées qui s'entrechoquent, l'aspect vibrant du pastel et les tons sourds, réveillés par des couleurs "chantantes", animent le dessin mural et bouleversent l'ordre établi par la construction au noir. Le point d'équilibre, l'entre-deux, est donné par une forme triangulaire remplie de graisse graphitée, travaillée aux doigts, sertie d'un cerne noir et arrimée au sol par une bande noire.

 

 

La chapelle du Sacre-Coeur de Kermaux

 
 
Il existait au village de Kermaux une ancienne chapelle, dédiée au Saint-Sauveur, dont le pardon se célébrait le troisième dimanche d'Octobre, au voisinage de la fête du Très Saint Rédempteur. Dans la seconde moitié du 19ème siècle, ellle menaçait ruine et le recteur Guilemet ouvrit une souscription dont le produit servirait, ou bien
à la reconstruire, ou bien à la restaurer. Comme la somme receuillie n'était pas suffisante pour envisager de bâtir un édifice neuf, on se borna à réparer l'ancien.
Celui-ci continua à se dégrader si bien que le recteur cessa d'y célébrer la messe.Dans sa séance de Quasimodo 1889, le conseil de fabrique décida de le démolir et d'éléver une nouvelle chapelle. A son emplacement, on dressa une croix car on avait fait choix d'un autre terrain cédé gracieusement par deux familles du village.
Le frére  Théodule, directeur de l'école des Saint-Anges de Pontivy, dressa le plan qui fut tracé sur le sol le 24 juin 1890. Les propriétaires fournirent le bois nécessaires et les paroissiens assurèrent les charrois. Une quête et les dons permirent au recteur de faire face à la dépense.
La nouvelle chapelle fut placée sous le patronage du Sacré-Coeur et, le 19 mars 1891, une procession escorta la statue qui fut hissée au sommet de la tour.
Fidèle à la mode Néo-gothique, l'architecte donna à la chapelle une élévation assez prononcée. Précédée d' un perron de cinq degrés, la façade en moellons revêtus s'encadre de harpes de granit. Deux pinacles, droits comme des cierges s'élèvent en bas des rampants du toit. Au sommet du pignon le clocheton s'effile depuis la souche galbée et la petite chambre à baies en arc brisé jusqu'à la pointe de la flèche qui porte la statue du Sacré-Coeur. La porte s'ouvre en un arc brisé mouluré en cavet et assis sur des impostes. Un oculus meublé d'un quadrilobe troue le mur du pignon et, au dessus, on lit dans un cartouche la date de 1890.
Sur la nef, les baies en arc brisé sont disposées symétriquement, une porte s'insérant, au midi, entre les deux fenêtres. Dans le chevet à trois pans, deux lancettes latérales éclairent le choeur, tandis qu' au milieu s'adosse la sacristie rectangulaire.
L'intérieur est soigneusement blanchi et le sol dallé de granit. Un décor de lancettes, de trilobes et quadrilobes orne aussi bien l'autel que la table de communion. De  part et d'autre, sur des piedestaux, s'élèvent des statues de Saint Joseph et de Notre-Dame de Lourdes. Elles furent portées processionnellement à la chapelle le dimanche 2 Aôut 1891. Quatre ans plus tard, arrivait la statue du Sacré-Coeur, qui ouvre des bras accueillants dans une niche, toujours de style néo-gothique, au dessus de la porte de la sacristie.
Les six vitraux représentent : dans le choeur, la flagellation de Jesus et Notre Dame des Sept Douleurs ; dans la nef, l'apparition du Sacré-coeur à Sainte Marguerite-Marie, Saint Julienne de Liège et Sainte Marguerite de Cortone qui ont apporté les prémices de la dévotion du Sacré-Coeur ; le bienheureux Benoit-Labre a cédé la place à un vitrail en dalle de verre, comme celui de la rosace du fronton.
La nouvelle chapelle a été bénite le 30 juin 1891 et, à cette occasion, Mr Gouron, curé de Grandchamps composa un cantique breton en l'honneur du Sacré-Coeur. Le pardon fut maintenu au troisième dimanche d'octobre. On y accourait de tous les villages de la paroisse et du quartier voisin de la Ferrière et le recteur se félicitait de sa bonne tenue. Un bref de 1892 avait accordé à la chapelle l'indulgence de la portioncule et, quand on la prêchait, trois ou quatre confesseurs ne suffisaient pas à la besogne. La veille de la fête du Sacré-Coeur, en 1938, une procession de 80 hommes et 200 femmes se rendit encore du bourg à la chapelle. C'est dire combien la dévotion y demeurat vivante.
                                                                                         
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Les chapelles  disparues
 
 
 
 
 
La chapelle du Saint-Esprit à talhouet
 
 
 
Le prêtre Guillaume Querbic, recteur de Naizin de 1601 à 1631, fonda une chapellenie du Saint Esprit qui se desservait dans la chapelle de Talhouet. Celle-ci figure encore dans un aveu de 1737 où on lui reconnait une longueur de 25 pieds et une largeur de 17. Mais depuis le debut du siècle, le service de la chapellenie se faisait dans l'église paroisiale et s'y continua jusqu'a la révolution. Négligée, la chapelle tomba en ruine. Au siècle denier ses matériaux ont été utilisés dans la construction de la sacristie de l'église paroissiale.
Une croix fut érigée à l'emplacement qu'elle occupait et on lui prête une inscription identique à celle qui se voit au sud de l'église. Il y a peut être confusion car, au carrefour de la route de Talhouet se dresse encore une croix de pierre. On raconte à son sujet, que vers 1885, un 14 Juillet, un fervent républicain déchargea sur elle son fusil.  Quinze jours plus tard, il devenait fou et se suicidait. Pendant l'hiver 1896, la croix fut renversé par la tempête et ne sera restaurée qu'en 1901. Son soubassement est à 2 étages : Le premier, carré, en gros appareil, le second, en forme d'autel à table débordante. Dans le socle trés fruste est planté le fût aux arêtes abattues. Taillé dans un bloc élargi et ajouré, le groupe de la cruxifixion comprend le christ avec, sous les bras de la Croix, la Vierge et St Jean. Au dos, le Père Eternel tient, entre ses genoux, le Christ en croix, comme à la fontaine. Date et inscription sont difficile à déchiffrer.
Au 18ème siècle, on voit souvent intervenir au Moustoir un Louis LE ROY qui était en 1743, étudiant au collège de Vannes. Il fut pourvu de la chapellenie du St Esprit, en 1747. La cloche qui, jusqu'en 1900, tintait dans le clocheton, au dessus de la sacristie, portait l'inscription : 1764. LE ROY TITULAIRE DU SAINT ESPRIT. C'est encore lui qui édifia, en 1767, l'ancienne croix du cimetière.
Il appartient à une famille où le sacerdoce était un honneur. La paroisse a hérité un calice d'argent doré où l'on peut lire : MISIRE L. LE ROY PTR FRANCOIS LE ROY 1627. Un Pierre LE ROY signe, en qualité de curé, les registres de Moustoir entre 1740 et 1752. Ils habitaient une belle maison qui existe toujours au village de Talhouet. On y voit une petite niche avec une statuette de la Vierge, un fronton sculpté d'un cartouche contenent 2 coeurs et, sur une fenêtre l'inscription : SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM. Sur le linteau de l'étable attenante, on lit : L.LE ROY et une inscription mystérieuse : ATU: Mr DUAUD(?) ainsi que la date de 1683 entre les monogrammes du Christ et de la Vierge. Le puit à margelle, scupté d'un calice, porte encore L.ROY.1765.
 
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Croix érigée à l'emplacement de l'ancienne chapelle de Talhouet
 
 
Elle se trouve au carrefour de Talhouet, prés de Kerroux
 
 
 
 
 
 
 
 
La chapelle de la Ville-Gicquel
 
En 1672, un mariage fut célébré dans la chapelle St Joseph du manoir de la Ville-Gicquel. Selon le cahier de paroisse, elle était dédiée à Ste Anne et les pélerins qui se rendaient à Ste Anne-d'Auray faisaient halte devant la statue de la Sainte. Au début de ce siècle, Gilles n'a plus vu que quelques pierres auxquelles se ratachaient des traditions populaires. "Plusieurs personnes, écrit-il, m'ont affirmé avoir aperçu, par les nuits de tempêtes, une flamme errer sur les décombres de cette chapelle :ce serait l'âme d'une dame de la Ville-Gicquel, décédée d'une façon tragique et dont la tradition populaire s'est complu à auréoler le souvenir". Et il continue :" on montre aussi, près d'un petit bois de sapins, situé à quelques pas seulement, un talus qui s'écroule aussitôt que relevé : un meurtre aurait été commis en cet endroit pendant les guerres de la Chouannerie et la victime, inhumée sous le talus, en repousserait la terre, parce que non bénite".
Le manoir de Poulfranc avait aussi sa chapelle domestique dédiée à Ste Juliette.
 
 
 
 
 
 
Le cimetière
 
Le cimetière ne devait pas survivre aux transformations faites à l'entour de l'église. En 1931, il fut transporté à la sortie du bourg vers l'ouest. On lui conserva autant que possible les pierres anciennes. C'est ainsi qu'à son entrée, 2 piliers sommés d'urnes funéraires portent la date de 1847 et du côté gauche, une sculpture figure un ange avec un calice et un ciboire.
Remarquable par son élévation, la croix semble faite d'éléments hétéroclites. Sur le soubassement carré, bien appareillé, repose un socle trés épais aux arêtes supérieures chanfreinées. Le long fût coiffé d'un chapiteau polygonal affiche sur un cartouche carré, la date de 1714. Le groupe de la Crucifixion s'élève sur une console sculptée d'un angelot entre deux volutes. Un Christ trés raide, est attaché à la croix aux extrémités fleurdelisées et sous ses bras, en ronde bosse, se tient encore St Jean mais la Vierge est tombée et, adossé au socle, attend de reprendre sa place. Au dos figure une Vierge et l'Enfant.
L'ossuaire rectangulaire revêt un caractère monumental grâce à son bel appareil de granit, à ses pilastres latéraux, à ses deux fenêtres en plein cintre relièes et enveloppées par une corniche moulurée, aux 3 bénitiers en forme de cul-de-lampes qui animent sa facade. L'entablement qui le couronne porte, en guise de frise, une inscription en capitales : FAIT DU TEMS (d') YVES CADORET RECTEUR VINCENT ROBIC MAIRE HENRI LE STRAT MARGUILLIER1823.
 
 
 

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